Relève sur position
Relève sur position : opération par laquelle, à partir d’une zone ou d’une ligne donnée, une unité remplace une autre unité et prend le combat à son compte. Elle peut s’effectuer dans un cadre offensif ou défensif.
L’unité relevante conduit l’opération. Cela lui impose de :
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remplacer l’unité relevée le plus rapidement possible ;
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veiller à la permanence des feux ;
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prévoir un échelonnement des éléments relevés et leur repli progressif;
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maintenir le contact.
Le lecteur fera bien sûr la part des choses entre cette définition tactique et le thème de cet éditorial, mais chacun aura perçu l’idée : il y a eu « relève sur position » au siège de L’Epaulette en ce mois de mars 2026.
Pour nos adhérents qui ont suivi l’actualité du siège ces dernières années, on se souvient qu’au départ, en 2023, du général Delaunay, après onze années de total investissement comme délégué général, il avait fallu trouver une solution pour prendre, sinon l’ensemble des attributions d’un DG, du moins une partie d’entre elles. Celle de directeur administratif et financier, notamment, ne pouvait connaître de vacance, afin de sécuriser notre fonctionnement.
Je salue ici le sens du service du lieutenant-colonel ® Nathalie Crispin qui, sur ma sollicitation, avait bien voulu prendre pour un temps cette fonction de DAF, tout en continuant d’assurer la mission de rédactrice-en-chef de la Revue avec la réussite qu’on connaît. Une fonction de DAF d’ailleurs étendue, et je reprends volontiers l’expression de Nathalie qui se définissait comme « l’OSA » de L’Epaulette. Une OSA qui dut notamment conduire un déménagement de L’Ecole Militaire vers la caserne d’Artois où il fallut, en 2024, « jeter un dispositif » avant de s’implanter plus solidement en 2025 : oui, Nathalie a fait tout cela et bien plus, entourée de Cécile et Maurice. Je les en remercie au nom de tous et toutes.
C’est aujourd’hui le lieutenant-colonel ® Sophie Lhéritier qui prend la relève, après que sa candidature pour le poste a été validée début 2025 par un vote majoritaire du Conseil d’Administration, il est important de le rappeler.
Issue de l’Ecole Militaire Interarmes, promotion Lieutenant Schaffar, Sophie Lhéritier a effectué une carrière complète d’officier du Matériel, commencée comme lieutenant au 4eme Régiment du Matériel (dont le PC était alors à Fontainebleau) et terminée à Lille au Commandement de la Maintenance des Forces de 2018 à 2020, après une affectation de 3 années au sein des Forces Armées en Polynésie Française. Elle est aujourd’hui réserviste au CFOT/EMO-Terre : de quoi conserver un pied dans la réalité des opérations, c’est précieux, y compris pour le lien entre L’Epaulette et l’armée de Terre.
C’est au nom de l’ensemble des officiers ressortissants ou adhérents de L’Epaulette que je souhaite la bienvenue et très bonne chance au lieutenant-colonel Lhéritier : elle a l’occasion de « prendre le combat à son compte » avec une échéance immédiate et d’importance, la Journée annuelle de la Reconversion CAP2C, ce 19 mars à Paris. Nouveau record d’affluence annoncé avec près de 200 officiers présents, il a même fallu décliner certaines inscriptions faute de place. On fera encore mieux en 2027, où L’Epaulette reprend le lead de CAP2C après que l’Alliance Navale en a assuré l’organisation ces trois dernières années.
Le lecteur trouvera un dossier central consacré aux Ecoles Militaires de Saumur – qui d’ailleurs nous ont fourni la définition tactique ci-dessus -. J’en remercie non pas Le mais Les chefs puisqu’on se souvient que derrière ce sigle d’EMS se trouvent les quatre maisons-mères de l’Arme Blindée Cavalerie, du Renseignement, de la défense NBC et des techniques d’Etat-Major. Autant dire que l’immense majorité des officiers de l’armée de Terre est passée, passe ou passera, au moins une fois dans la carrière, à Saumur ! Et, autre clin d’oeil de l’Histoire pour L’Epaulette, héritière de la Versaillaise, lorsqu’on se souvient que cette dernière trouvait elle-même ses sources dans les premières « sociétés amicalistes » d’officiers de la fin du XIXeme siècle, au premier rang desquelles, avec la Saint-Maixentaise, figurait la Saumurienne !
Au moment où ce numéro de la Revue est mis sous presse, nous disons un au revoir ému à notre Ancien, fidèle entre les fidèles, en activité comme dans l’associatif : le commandant Gérard Euphrasius Jaron a rejoint son dernier bivouac, le 28 février. Il allait avoir 97 ans et était des nôtres, en décembre dernier encore, lors de l’AG. C’est avec émotion que le 6 mars, entouré des généraux Delaunay et Moreaux et de l’adjudant-chef Ayen, je lui ai remis, à titre posthume et devant toute sa « descendance », comme il aimait à le dire, la médaille de l’engagement associatif.
Ce début 2026 voit le 50ème anniversaire d’une arme qui m’est chère : je souhaite un bon jubilé à tous les mécaniciens de l’arme du Matériel. Plus près de nous, mais cela fait 35 ans tout de même, la division Daguet quittait l’Irak avec le sentiment d’une campagne victorieuse, ce qu’elle fut. Aujourd’hui, c’est dans ce même pays que nous perdons un GCM du 7eme BCA, le major Frion, tué à l’ennemi. Il y a cent ans, en 1926, dans cette même région du Levant, l’armée française était pourtant victorieuse au Djebel Druze : le Moyen-Orient est au soldat français ce que lui est l’Afrique : il y revient toujours, il y reviendra encore.
Bonne lecture à tous et toutes.
Fidèlement.
Général (2s) de corps d’armée Richard André
Président de l'Épaulette.
